Un bilan financier contestable

la salle de tennis de table "Orion"
investissement: 13 000 euros par joueur licencié au club lors de la constrution
(subvention déduite)
Dans son tract électoral, la municipalité sortante essaie de présenter un bilan favorable de son action, ce qui est bien naturel.
Qu'elle nous permette toutefois d'apporter quelques bémols à l'examen de son bilan financier:
Evolution maîtrisé des taux d'imposition
"l'augmentation des taux de la taxe foncière et de la taxe d'habitation s'est limitée à 1,56% par an"
C'est tout à fait exact, à cette nuance près que les taux s'appliquent à une base, qui elle aussi ne demande qu'à augmenter !
Ainsi, le support du récent débat d'orientation budgétaire (14 février 2008, document lu par l'adjointe aux finances) précise-t-il:
"Les recettes fiscales ont progressé de 2,9% entre 2006 et 2007, ceci étant dû à la seule variation de la matière imposable puisque les taux sont demeurés inchangés"
Vous n'aviez donc pas rêvé lorsque vous aviez constaté, par exemple, que la part communale de votre taxe foncière avait augmenté de 3,72% en 2006 et 4,67% en 2005 !
Une commune très peu endettée
"la durée de remboursement est de 5 années alors que le seuil d'alerte est de 8 ans"
Citons à nouveau le débat d'orientation budgétaire:
"En 2007, le temps qu'il faudrait à la commune pour rembourser le capital de sa dette serait de 5,84 ans... la situation devient préoccupante quand ce ratio approche 7 ou 8 ans"
Premièrement, 5,84 est plus près de 6 que de 5; deuxièmement, 7 ou 8 ans, ce n'est pas 8 ans; troisièmement, 6 ans c'est bien près de 7 ans. Avouez alors que dans "très peu endettée", le très est assez largment de trop !
Mais, surtout, en matière de gestion municipale comme dans bien d'autres domaines, il faut savoir d'où l'on vient et où l'on va.
Or, le temps théorique de remboursement était de 3,88 ans en 2006: pour une commune, comme pour un particulier, la solvabilité financière ne peux que se détériorer si les dépenses croissent plus vite que les recettes...
Remarque: Lors du "débat" du 14 février dernier, la majorité n'a pas souhaité répondre à la question qui lui était posée: "comment envisagez-vous de stopper l'effet de ciseaux qui s'accélère depuis 3 ans ?" (voir l'article du blog en date du 6 février sur l'effet de ciseaux)
Recherche systématique du co-financement
Quelle commune ne s'informerait pas des subventions auxquelles elle pourrait prétendre à l'occasion d'un investissement ?
Toutefois, le mot "systématique" peut devenir gênant. Il est rare, en effet, qu'une possibilité de subvention ne s'accompagne pas de conditions d'exécution: poste supplémentaire pour une médiathèque, normes excessives de la part d'une fédération sportive, etc...
25,44% de subventions pour la salle Orion (tennis de table), cela ramène l'investissement à 13 000 euros
(environ 85 000 francs) par joueur licencié au club lors de la construction. Qui dit mieux ?
Additif au bilan financier
(source: débat d'orientation budgétaire du 14 février 2008)
Dans la série "évolution maîtrisée des taux d'imposition":
La pression fiscale à Parigné l'Evêque est supérieure de 12% à la moyenne nationale !
Dans la série "une commune très peu endettée"
Même en l'absence de tout nouvel investissement, l'annuité d'emprunt ne sera pas inférieure à 255 000 euros d'ici à 2018 !